SNC BOBO2026 : dans les allées, les dessinateurs de visages transforment la fête en opportunité

À peine franchies les entrées des sites de la 22e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC), ils sont là. Cartons à la main, verres jetables ou petits bols remplis de couleurs, craies ou produits cosmétiques à portée de doigts. Les dessinateurs de visages accostent les festivaliers, à la recherche d’un visage à transformer.

Leur mission est simple : marquer la fête sur les visages.

Sur les joues, les fronts ou les tempes, apparaissent des inscriptions et des motifs. « SNC », « IB », « AES », mais aussi des fleurs, la carte du Burkina Faso ou celle de l’Afrique. Chaque dessin devient une signature, un prolongement de l’ambiance culturelle.

Une activité accessible, portée par les jeunes

Dans ce paysage, les jeunes dominent. Élèves, étudiants ou débrouillards, ils profitent de l’événement pour générer des revenus.

« Je suis de Ouagadougou. Je travaille au grand marché. Je suis venu ici à cause de la SNC pour faire les dessins », confie Dio Malick Ilboudo, matériel en main, à l’affût de clients.

Dio Malick Ilboudo, venu de la capitale pour la circonstance

À quelques mètres, un élève explique sa démarche :

« Nous sommes en congé. Avec la SNC, j’ai décidé d’acheter des craies et quelques matériels pour dessiner. »

Sans formation particulière, l’activité repose sur la débrouillardise et la créativité.

« Les dépenses dans la journée peuvent atteindre 2 000 F CFA. À la fin, tu peux gagner 10 000 ou 15 000 F CFA », affirme-t-il.

Entre concurrence et recherche de qualité

À côté des plus jeunes, des dessinateurs plus expérimentés tentent de se démarquer.

« Les gens pensent que tout se fait avec de la craie. Moi, j’utilise des produits cosmétiques adaptés au visage », explique Emmanuel Nanema.

Une différence qui se ressent sur les prix :« Je fais un dessin à 500 F CFA. Les enfants proposent à 200 ou 300 F CFA. »

Emmanuel en plein création sur une cliente

Une concurrence qui oblige chacun à ajuster son offre, dans un marché encore timide en début de festival.

Créativité et adaptation

Ici, pas de catalogue figé. Les dessins naissent de l’inspiration du moment.

« On imagine en fonction du visage, de l’habillement et de l’inspiration », indique Emmanuel Nanema.

Création finale d’Emmanuel Nanema

Il reste optimiste :

« Comme c’est le début, l’activité est calme. Mais vers la fin, ça va monter. »

Une expérience pour les festivaliers

Côté visiteurs, le dessin devient une manière de vivre la SNC autrement.

« Quand tu finis de te faire dessiner, tu te sens fière. Ça fait du bien. La SNC, c’est tous les deux ans, il faut en profiter », témoigne Florence Kondé, le visage décoré de fleurs.

Florence Kondé, Festivalière ravie de faire dessiner

Au-delà de l’esthétique, ces dessins traduisent une appropriation de la fête.

Une économie informelle au cœur de la fête

Dans les allées de la SNC, ces jeunes dessinateurs illustrent une réalité.

La culture génère aussi des opportunités économiques.

Entre créativité, débrouillardise et concurrence, ils participent à leur manière à l’animation de l’événement.

Des visages transformés, des mains colorées, et derrière, une quête quotidienne : gagner sa journée.

Eugène KAM