Un panel sur le thème « Culture et développement local : levier de la transformation des territoires ruraux » s’est tenu à Kouila à l’occasion de la 12ᵉ édition du Festival Ciné Village de Kouila. Cette rencontre a réuni des acteurs culturels et des spécialistes venus échanger sur la place de la culture dans les politiques de transformation des territoires.
Les discussions ont porté sur les enjeux liés au financement, à la structuration et à la valorisation des initiatives culturelles aussi bien en milieu rural qu’urbain. Parmi les intervenants figuraient Télesphore Bationo, président de la Confédération nationale de la culture, et Alphonse Tougma, point focal du Fonds africain pour la culture.
La culture comme moteur de développement
Au cours des échanges, Télesphore Bationo a insisté sur l’impact social et économique de la culture dans les communautés.
« Un film projeté dans un village est un acte de cohésion sociale. Et c’est le premier point de développement d’un pays », a-t-il affirmé.
Selon lui, la culture ne se limite pas au divertissement, mais génère également des activités économiques locales.
« Chaque festival crée des activités économiques locales. Le cinéma développe des filières et des opportunités », a-t-il expliqué, avant d’ajouter : « La culture n’est pas une charge pour le développement, elle est un moteur. »
Le défi du financement des initiatives culturelles
Les participants ont également évoqué plusieurs difficultés qui freinent le développement culturel, notamment en milieu rural.
Pour Télesphore Bationo, le manque de financement constitue l’un des principaux obstacles.
« Il n’y a pas suffisamment de financement pour les initiatives culturelles rurales », a-t-il regretté.
Les échanges ont aussi mis en lumière la faible prise en compte de la culture dans les plans communaux de développement, la faiblesse institutionnelle ainsi que l’isolement de nombreux acteurs culturels.
Face à ces défis, plusieurs pistes de solutions ont été proposées. Les panélistes ont notamment suggéré l’intégration de la culture dans les politiques locales de développement, la création de mécanismes de financement dédiés et le renforcement de la Confédération nationale de la culture comme interlocuteur reconnu.
Ils ont également plaidé pour des partenariats avec les universités, les collectivités territoriales et les festivals culturels structurants.
Restaurer la culture dans son rôle économique
Prenant la parole à son tour, Alphonse Tougma a souligné le potentiel culturel existant dans les territoires.
« Il y a tellement de génie dans nos contrées. La culture est un secteur porteur », a-t-il déclaré.
Selon lui, la culture doit être replacée au centre des stratégies de développement socio-économique.
« La culture est indispensable au développement socio-économique et il faut la restaurer dans son rôle afin qu’elle devienne un véritable moteur de développement », a-t-il soutenu.
Alphonse Tougma, point focal du Fonds africain pour la culture
Évoquant la question du financement, il estime que l’intérêt des partenaires suivra si le secteur culturel joue pleinement son rôle.
« Si la culture joue pleinement son rôle, les financements viendront naturellement parce que tout le monde va s’y intéresser », a-t-il ajouté.
Un cadre d’échanges apprécié des participants
Présente au panel, Laure Guiré, présidente de l’Association burkinabè des comédiens de cinéma, a salué la qualité des échanges.
« Le panel a été très enrichissant, car il nous a permis de mieux comprendre les démarches nécessaires pour financer nos projets », a-t-elle indiqué.
Laure Guiré, présidente de l’Association burkinabè des comédiens de cinéma
Le Festival Ciné Village de Kouila a ainsi ouvert un espace de réflexion sur les défis et les opportunités du secteur culturel, tout en mettant en avant le rôle stratégique de la culture dans le développement des territoires ruraux et urbains au Burkina Faso.
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