Après quatre jours d’activités culturelles et cinématographiques, la 12e édition du Festival Ciné Village de Kouila a officiellement refermé ses portes ce dimanche 10 mai 2026. Du 7 au 10 mai, le village de Kouila, dans la commune de Ziniaré, a été le cadre de projections de films, concerts, panels, animations populaires et rencontres culturelles.

Placée sous le thème « Cinéma et environnement », cette édition aura été marquée par plusieurs innovations, notamment la création d’un espace entièrement dédié aux enfants, l’organisation d’une caravane des écoles pour annoncer le festival ainsi que l’installation du studio de Fadima Web TV sur le site du festival.
Dans un village non électrifié, Bertrand Ilboudo et son comité d’organisation ont une nouvelle fois réussi à transformer Kouila en espace de rencontres et de célébration du cinéma burkinabè.
Une édition riche en activités
Dès les premiers jours, le festival a donné le ton avec une caravane des écoles dans les rues de Ziniaré pour annoncer officiellement l’événement. S’en sont suivis la cérémonie d’ouverture présidée par le haut-commissaire du Oubritenga, des panels sur les questions environnementales, des projections de films, des spectacles de contes, des concerts géants, des animations musicales ainsi que des démonstrations de motocross.

La rue marchande installée au sein du site et même aux alentours du site a également connu une forte animation durant les quatre jours du festival.
L’une des grandes innovations de cette édition reste l’espace enfants, qui a proposé une programmation spécifique destinée aux plus jeunes. Jeux éducatifs, projections de films, concours de danse, contes et ateliers créatifs ont rythmé les journées et soirées des enfants.

Fadima Web TV au cœur du festival
Autre innovation majeure : le déploiement d’un studio média sur le site du festival avec Fadima Web TV.
Durant les quatre jours, plusieurs émissions spéciales y ont été réalisées, notamment Clap Ciné-Village de Kouila, Top Culture Ciné-Village de Kouila, Focus Actu et Ziniaré en Action.
Ce dispositif a permis de rapprocher davantage les festivaliers des artistes, réalisateurs et acteurs culturels présents à Kouila.

Les artistes et cinéastes saluent le festival
Plusieurs figures du cinéma burkinabè ont effectué le déplacement pour soutenir cette 12e édition. Une délégation d’artistes comédiens a notamment rejoint le festival dans la journée du 9 mai.
Invité du plateau de Clap Ciné-Village de Kouila, l’artiste comédien Barou Ouédraogo a salué l’initiative du festival.
« Le cinéma, c’est pour le public. S’il y a des initiatives qui amènent le cinéma vers la population hors des grandes villes, c’est à encourager, féliciter et même vouloir que cela se déploie dans toutes les localités du Burkina », a-t-il confié.

Même appréciation du côté du réalisateur Luc Damiba, dont le documentaire consacré à Moustapha Laabli Thiombiano a été projeté durant le festival.
« Je pense qu’on devrait multiplier ce genre de festival dans presque tous les villages. Il faut que ces genres de festivals aient lieu pour que le cinéma devienne populaire, pour que les cinéastes aient des contacts directs avec les populations. C’est aussi une transmission de la veine, de l’envie de faire quelque chose de culturel pour son pays », a-t-il affirmé lors de son passage sur le plateau de Clap Ciné-Village de Kouila.
Invité d’honneur de cette édition, Abdoulaye Komboudri alias Fils de l’Homme n’a également pas manqué de saluer la longévité du festival et l’engagement des initiateurs.
Une population mobilisée autour du festival
Durant les quatre jours, les populations de Kouila et des localités environnantes se sont fortement mobilisées autour des différentes activités.
Les projections de films comme Katanga, la danse des scorpions de Dani Kouyaté, Étalon d’or de Yennenga 2025, ont particulièrement marqué les festivaliers.
« Dans l’ensemble, c’est toujours une joie pour nous de regarder des films qu’on n’a pas l’habitude de voir comme Katanga qu’on vient de regarder et surtout de voir le village animé durant quatre jours », confie une festivalière.
Pour d’autres, le festival représente également une occasion rare de voir des artistes se produire en direct dans un village.
« Le festival nous a permis de voir des artistes prester sous nos yeux comme Hamed Smani, Privat et même Sofiano », souligne Joseph Kientega, festivalier.

Le passage du club motard West Coast Adventure et les démonstrations du Cross Team du Faso ont également contribué à maintenir l’ambiance autour du site.

Des retombées diversement appréciées
Du côté des commerçants installés autour du site, les avis restent partagés. Certains se réjouissent des revenus générés durant le festival tandis que d’autres estiment que l’affluence était moins importante que l’année précédente.
« Le festival n’a pas le même engouement que l’année dernière. Ça se ressent sur notre marché. Ça n’a pas vraiment donné comme on voulait à notre niveau », affirme une vendeuse de boissons installée dans son stand.
- En attendant le bilan officiel du comité d’organisation, cette 12e édition laisse l’image d’un festival qui continue de grandir et de rapprocher le cinéma des populations rurales, avec une volonté affirmée de faire du 7e art un outil de sensibilisation, de cohésion sociale et de développement culturel local.
La rédaction











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