SIAO 2026 : artisanat et industrialisation, deux secteurs appelés à faire synergie

Le séminaire inaugural de la 18ᵉ édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) s’est ouvert ce samedi 31 octobre 2026 à Ouagadougou. Les échanges portent sur les synergies entre artisanat et industrialisation, avec pour objectif de mieux organiser et valoriser les produits locaux ainsi que le patrimoine culturel africain.

L’artisanat africain peut-il changer d’échelle sans perdre son identité ? C’est l’un des grands défis auxquels le secteur est aujourd’hui confronté. Riche de ses savoir-faire et de son patrimoine culturel, il dispose d’un potentiel considérable, mais peine encore à le transformer pleinement en richesse économique.

Comment passer alors d’une production essentiellement artisanale à une industrie compétitive, capable de conquérir de nouveaux marchés sans sacrifier l’authenticité des créations africaines ?

Cette problématique est au cœur du séminaire inaugural de la 18ᵉ édition du SIAO, placé sous le thème : « Artisanat africain et industrialisation : quelle synergie pour une meilleure organisation et valorisation des produits locaux et du patrimoine culturel ? ».

À l’ouverture des travaux, Boubé Séraphin BADOLO, chargé de mission et représentant du ministre chargé de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, a appelé à un changement d’approche pour mieux accompagner l’essor du secteur. « Le moment est venu de changer la perspective en faisant de l’industrie un levier de renforcement de l’artisanat », a-t-il affirmé.

Bâtir des passerelles entre artisanat, industrie et innovation

Pendant deux jours, les participants examineront plusieurs axes de réflexion, notamment la promotion de l’artisanat dans le contexte de la Révolution progressiste populaire, les possibilités d’industrialiser sans dénaturer les productions africaines, ainsi que les mécanismes de financement susceptibles d’accompagner la croissance des entreprises artisanales.

L’intelligence artificielle occupera également une place dans les débats. Son apport à la conception des œuvres et les opportunités qu’elle pourrait offrir aux artisans africains seront notamment examinés. L’ambition est de rapprocher davantage des domaines qui ont tout intérêt à avancer ensemble.

« Les échanges sur les différentes thématiques permettront de construire davantage de ponts entre l’artisanat, l’industrie, l’innovation, la culture et le commerce », a souligné le représentant du ministre.

Boubé Séraphin BADOLO, représentant du ministre, principal orateur à la cérémonie officielle d’ouverture du séminaire international

En invitant les participants à prendre une part active aux discussions, il a insisté sur la nécessité de faire de ce rendez-vous autre chose qu’une succession de communications. Il s’agit de faire émerger des pistes d’action concrètes, capables de donner une nouvelle impulsion à l’artisanat africain.

Wendnimi OUEDRAOGO