Après L’Enfant-Monde, publié sous le sous-titre La Danse des savoirs, l’auteur burkinabè Namissi Traoré signe, ce mardi 18 août 2026, son deuxième roman, L’Écharpe d’Obsidienne. Avec cette nouvelle œuvre, l’auteur poursuit sa réflexion sur ce qui construit l’être humain, mais déplace cette fois le regard vers les liens, les souvenirs et les personnes qui laissent une empreinte dans nos vies.

Le roman suit Liam, qui s’adresse à un « tu » dont l’identité reste volontairement ouverte. Un choix narratif qui constitue l’une des particularités de l’ouvrage.
« La particularité de ce roman est que Liam écrit à un “tu (…) Ce “tu” représentera une figure féminine pour certains, masculine pour d’autres. Chacun y projettera une personne. »
Pour Namissi Traoré, cette forme permet surtout au lecteur de ne pas rester simple spectateur de l’histoire.
« Mon ambition était que le lecteur ne lise pas seulement l’histoire de Liam. Je voulais qu’il puisse y déposer la sienne. En refermant le livre, j’aimerais qu’il ait l’impression d’avoir lui aussi écrit une lettre. »
Une écharpe née du feu
Le titre L’Écharpe d’Obsidienne porte lui aussi une autre dimension de réflexion. L’écharpe évoque la protection, la chaleur et la présence. L’obsidienne, pierre volcanique née du feu, renvoie à la résistance, à l’introspection et à la vérité.
« J’aimais l’idée qu’une matière née d’une épreuve puisse devenir quelque chose de solide et de précieux. »
Pour l’auteur, le concept ne s’arrête toutefois pas au titre. Il se retrouve dans la manière dont le récit laisse au lecteur la liberté de donner un visage au fameux « tu ».
« Pour certains lecteurs, ce sera un père. Pour d’autres, une mère, une sœur, un grand-parent, un ami ou toute autre personne qui a laissé une empreinte dans leur vie. »

Des chapitres comme autant de portes d’entrée
L’originalité se retrouve également dans les intitulés des chapitres. La déesse discrète et les douze commandements ou encore Le ciel ne regarde pas les hashtags annoncent déjà les réflexions que l’auteur souhaite faire naître chez le lecteur.
« Les titres sont très importants pour moi. Je ne les ai pas choisis uniquement parce qu’ils sonnaient bien, mais parce qu’ils préparent déjà le lecteur à une idée. »
Avec Le ciel ne regarde pas les hashtags, l’auteur s’inscrit davantage dans son époque et interroge la place accordée à l’image et au regard des autres.
« J’avais envie de rappeler, à travers ce chapitre, que ce qui peut être le plus de valeur n’est pas toujours ce qui est le plus visible. »
Pour Namissi Traoré, chaque titre doit donc participer à la narration.
« Je crois qu’un bon titre ne résume pas un chapitre. Il éveille une curiosité. Il donne envie de tourner la page. »
Dès maintenant, commencez dès maintenant à lire le roman : https://openlibrary.org/books/OL62307645M/L%27%C3%89charpe_d%27Obsidienne
Du savoir aux personnes qui nous construisent
Le deuxième roman prolonge une réflexion déjà présente dans L’Enfant-Monde. Dans son premier ouvrage, Namissi Traoré interrogeait la construction de l’être humain à partir du savoir théorique, du savoir-faire et du savoir-être.
Le savoir théorique nourrit l’intelligence, le savoir-faire permet de transformer les connaissances en actions et le savoir-être renvoie à la manière de vivre avec les autres.
« On peut être extrêmement instruit et pourtant manquer profondément d’humanité. »
Le choix du mot « danse » dans le premier roman traduisait l’interaction entre ces trois dimensions.
L’Enfant Monde, La danse des savoirs, ici 👉 https://fr.scribd.com/document/1029372790/La-Danse-Des-Savoirs
Avec L’Écharpe d’Obsidienne, la réflexion évolue.
« Dans La Danse des savoirs, j’explorais les connaissances qui nous construisent. Dans L’Écharpe d’Obsidienne, j’explore les personnes qui nous construisent. Les chemins sont différents, mais la réflexion reste la même. »
Écrire sans imposer une émotion
L’auteur revendique une écriture qui laisse une place importante au lecteur. L’un de ses principaux défis a justement été de trouver un équilibre entre émotion et retenue.
« Je ne voulais jamais forcer le lecteur à ressentir quelque chose. Je voulais simplement lui raconter une histoire sincère, en lui laissant la liberté d’y mettre ses propres émotions. »
Cette liberté se retrouve dans sa conception des personnages, qu’il ne considère pas comme les copies de personnes réelles.
« Chaque personnage porte une manière différente de voir le monde. Ils sont des fragments de réflexions, plus que des copies de personnes réelles. »
« Je n’écris pas pour donner des réponses »
Pour Namissi Traoré, la littérature doit surtout continuer à interroger le lecteur après fin de la lecture.
« Je n’écris pas pour donner des réponses. J’écris pour poser des questions qui continuent d’habiter le lecteur longtemps après la dernière page. »
C’est également ce qu’il espère provoquer avec L’Écharpe d’Obsidienne.
« Si, en terminant ce roman, un lecteur pense à son père, à sa mère, à un grand-parent, à un ami ou à une personne qui a changé sa vie, alors le livre aura rempli sa mission. »
Le succès, pour l’auteur, ne se mesure donc pas uniquement au nombre de lecteurs.
« Le véritable succès, c’est lorsqu’un lecteur vous écrit pour vous dire : “Je me suis reconnu dans votre livre.” À ce moment-là, on comprend que les mots ont réellement rencontré quelqu’un. » conclut-il.
Disponible dès ce 18 août 2026 sur archive.org, L’Écharpe d’Obsidienne marque une nouvelle étape dans le parcours de Namissi Traoré et invite les lecteurs à entrer dans l’histoire de Liam avec, peut-être, leurs propres souvenirs en tête.
Eugène KAM











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