Ils sont souvent perçus comme les citoyens de demain. Pourtant, pour le Mouvement international d’apostolat des enfants (MIDADE), les enfants sont déjà des forces capables d’impulser le changement dans leurs familles, leurs écoles et leurs communautés. À quelques jours de la Rencontre régionale Afrique de l’Ouest du MIDADE, prévue du 22 au 26 juillet 2026 au Burkina Faso, Magloire Yaméogo, Coordonnateur régional Afrique de l’Ouest du MIDADE, revient sur la vision, les missions et les défis de ce mouvement présent au Burkina Faso depuis 1947.

Fadima Web TV : Pouvez-vous nous présenter le MIDADE, son rôle, sa vision et son engagement en faveur des enfants ?
Magloire Yaméogo : Le Mouvement international d’apostolat des enfants (MIDADE) est un mouvement international reconnu qui prend sa source au Vatican, à Rome. Il s’occupe de la formation et de l’éducation chrétienne, sociale et civique des enfants. Le MIDADE est présent dans plus de 41 pays, répartis sur les cinq continents.
Selon les pays, il porte plusieurs appellations. C’est le cas dans notre sous-région, notamment au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire, où il est connu sous le nom de « Cœurs Vaillants – Âmes Vaillantes » (CV-AV).
Fadima Web TV : Depuis quand le MIDADE est-il présent au Burkina Faso et quelles sont ses principales activités ?
Magloire Yaméogo : Le MIDADE, ou Mouvement des Cœurs Vaillants – Âmes Vaillantes (CV-AV) pour ce qui concerne le Burkina Faso, est arrivé en 1947 et est aujourd’hui présent dans les quinze diocèses du pays.
À travers des activités éducatives, sociales et culturelles, le mouvement contribue à promouvoir les droits et les devoirs des enfants, participe à leur éducation chrétienne et civique, ainsi qu’à leur épanouissement intégral. Cela concerne tous les enfants, qu’ils soient catholiques ou non catholiques, car c’est un mouvement qui accueille tous les enfants sans distinction de race, de couleur ou de religion.
C’est aussi un mouvement qui permet à l’enfant d’avoir une école qui lui est propre, car il est créé et animé par les enfants eux-mêmes, qui en sont les principaux acteurs. Les accompagnateurs (ndlr : jeunes filles et garçons âgés de 17 ans ou plus) ne sont là que pour les guider, recueillir leurs idées et mettre à leur disposition les moyens nécessaires pour réaliser les actions que les enfants souhaitent mener.
Fadima Web TV : Qui peut adhérer au MIDADE et quelles sont les conditions requises pour intégrer ce mouvement d’apostolat des enfants ?
Magloire Yaméogo : L’adhésion au MIDADE est simple et accessible. Elle se fait tout au long de l’année, selon les réalités des régions et des localités.
Au Burkina Faso, elle est gratuite. Il suffit pour l’enfant de se présenter auprès des accompagnateurs, de fournir son nom et son prénom, puis de participer aux animations hebdomadaires organisées généralement les mercredis, samedis ou dimanches. Ces rencontres permettent aux enfants de chanter, de danser, de jouer, de se former et de partager la Parole de Dieu.
Fadima Web TV : Le Burkina Faso accueillera la Rencontre régionale Afrique de l’Ouest du MIDADE du 22 au 26 juillet 2026. Quel est l’objectif principal de cette rencontre ?
Magloire Yaméogo : L’objectif principal est d’assurer la continuité des actions du mouvement, avec l’arrivée d’une nouvelle équipe de coordination en 2025.
La rencontre permettra également d’élaborer un plan d’action régional pour la période 2026-2030 afin de placer davantage l’enfant au cœur des initiatives. Les participants, notamment les enfants et leurs accompagnateurs, pourront échanger, formuler des propositions et contribuer aux orientations futures du mouvement, afin que l’enfant demeure au centre des actions menées aux niveaux régional et international.
Fadima Web TV : Cette rencontre est placée sous le thème : « Les enfants bâtissent demain, dès aujourd’hui ». Que signifie concrètement ce thème et combien de pays sont attendus ?
Magloire Yaméogo : À la date du 13 juillet, sur les neuf pays de la zone, seul le Sénégal n’avait pas encore confirmé sa participation. Les huit autres, à savoir le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger et le Togo, se sont signalés. Nous avons déjà reçu la confirmation de la présence de l’aumônier national du Togo.
Quant au choix du thème, il s’inscrit dans le cadre du plan d’action international, qui encourage chaque continent à faire de l’enfant un véritable acteur du changement. Dans cette dynamique, le MIDADE a souhaité aller plus loin en mettant l’accent sur le rôle des enfants dans la construction de leurs nations.
Fadima Web TV : En quoi les enfants peuvent-ils être des acteurs du changement dans leurs familles, leurs écoles et leurs communautés ?
Magloire Yaméogo : L’enfant est ingénieur ; il est doté de beaucoup de talents. Nous pensons que les enfants peuvent changer le monde à travers leurs actions, à condition que nous, adultes, leur accordions la place qui leur revient. Nous ne devons pas toujours décider à leur place. Nous devons leur permettre d’exprimer ce qu’ils veulent faire.
Nous avons également constaté que les enfants apprennent avant tout par l’imitation. Les comportements des adultes influencent donc directement leur manière de voir le monde et de construire leur personnalité. D’où l’importance, pour les adultes, d’incarner dès aujourd’hui les valeurs et les attitudes qu’ils souhaitent transmettre aux générations futures.
Voilà pourquoi nous demandons aux mouvements de jeunesse d’organiser des formations afin que les enfants connaissent leurs droits, mais aussi les devoirs qu’ils doivent accomplir pour vivre pleinement leur épanouissement.
Fadima Web TV : Les préparatifs de cette rencontre sont en cours. En termes d’activités, à quoi peut-on s’attendre principalement ?
Magloire Yaméogo : Les principales activités prévues sont d’abord les prières. Ensuite, nous aurons des conférences et des panels autour de différentes thématiques, notamment sur la méthode « Voir, Juger, Agir, Évaluer et Célébrer » ainsi que sur la protection de l’environnement. Des activités sportives seront également organisées. Nous aurons aussi l’occasion de visiter quelques sites de la ville de Ouagadougou.
Fadima Web TV : Quel message souhaitez-vous adresser aux parents, aux éducateurs et aux enfants à travers cette rencontre ?
Magloire Yaméogo : Il est certes important, lorsque nous en avons les moyens, d’offrir de bonnes conditions de vie à nos enfants. Mais un enfant qui grandit dans l’isolement peut devenir un danger pour lui-même et pour la société.
C’est pourquoi nous invitons les parents à encourager leurs enfants à intégrer les mouvements et les associations qui œuvrent dans le domaine de leur éducation.
Qu’il s’agisse de mouvements catholiques ou d’autres organisations religieuses, nous encourageons les parents à permettre aux enfants de sortir, de découvrir le monde autrement et de bénéficier d’un épanouissement plus intégral.
Propos recueillis par Wendinmi Ouédraogo











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