Depuis le 9 août 2026, 44 professionnels des médias prennent part à une immersion patriotique à l’Académie de police à Pabré. Venus de médias publics, privés et de médias identifiés dans les régions, ils sont formés à l’instruction militaire, à la sécurité et à la résilience, avec un volet consacré à l’éthique et à la déontologie journalistiques en contexte de crise.

La formation a été marquée ce jeudi par la visite des ministres de la Sécurité, Mahamadou Sana, et de la Communication, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo. Après des démonstrations, les deux membres du gouvernement ont échangé avec les participants sur les enseignements tirés de cette expérience.

Mieux comprendre les réalités du contexte sécuritaire
Pour Mahamadou Sana, la place des médias dans les transformations que connaît le Burkina Faso justifie cette initiative.
« On ne peut pas parler de révolution, on ne peut pas parler de changement de mentalité, on ne peut pas parler d’éveil de conscience sans prendre en compte les hommes et les femmes des médias », a-t-il souligné.

Le ministre estime que les professionnels des médias doivent également être préparés aux réalités liées à la crise sécuritaire. Cette préparation passe notamment par la découverte de certaines règles de l’instruction militaire, des conditions de vie des soldats et des consignes de sécurité.
Une partie de la formation est consacrée au journalisme en contexte de crise. Pour Mahamadou Sana, les circonstances dans lesquelles les journalistes exercent doivent nécessairement influencer leur manière de travailler.
« Nous ne pouvons pas collecter, traiter et diffuser les informations comme si nous étions en période normale », a-t-il déclaré.
Le ministre a par ailleurs annoncé sa volonté de faire de cette immersion une initiative annuelle.
« Désormais, chaque année, nous allons en tout cas mobiliser tous les moyens pour qu’on puisse avoir des médias à notre disposition pour pouvoir aussi leur inculquer quelques valeurs », a-t-il indiqué.
Le défi du professionnalisme
Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a, pour sa part, axé son message sur trois valeurs : patriotisme, professionnalisme et engagement.
Le ministre considère le journaliste comme un acteur important de la vie nationale, particulièrement dans un contexte de lutte contre le terrorisme et de défense de la souveraineté.
« Le journaliste est un acteur qui doit être engagé », a-t-il affirmé.
Il a appelé les professionnels à exercer leur métier avec responsabilité, de la collecte à la diffusion de l’information.
« Un journaliste patriote doit traiter l’information sous le prisme de son patriotisme », a-t-il déclaré.

Des participants déjà marqués par l’expérience
Après quelques jours à Pabré, les participants disent avoir tiré plusieurs enseignements de cette immersion. Alice Thiombiano, journaliste à Faso 7, évoque notamment une évolution de l’état d’esprit du groupe.
« Depuis notre arrivée ici, beaucoup de choses ont changé en nous. D’abord, l’esprit civil. Nous n’avons plus cet esprit-là. Nous avons été modelés et transformés », témoigne-t-elle.
L’expérience doit s’achever ce vendredi 14 août à l’Académie de police à Pabré. Les autorités envisagent déjà de l’étendre à d’autres catégories socioprofessionnelles, dans l’objectif de renforcer le patriotisme, la résilience et l’engagement au sein de la société.
Cécile SAWADOGO











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