À l’occasion de la journée qui leur était consacrée, ce mercredi 4 novembre 2026, le Mali et le Niger ont réaffirmé leur volonté de faire de l’artisanat un levier de coopération et de développement économique au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). À la 18ᵉ édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), les représentants des deux pays ont insisté sur la valorisation des savoir-faire locaux, la consommation des productions artisanales et les perspectives d’industrialisation.

Faire de l’artisanat un moteur de l’intégration économique des pays de l’AES. C’est l’un des principaux messages ressortis des interventions du Mali et du Niger lors de cette journée spéciale. Les deux pays ont salué l’occasion qui leur est offerte de présenter la richesse de leurs productions, mais aussi de consolider leurs relations économiques et culturelles avec le Burkina Faso.
Au nom du gouvernement nigérien, la Chargée d’Affaires du Niger au Burkina Faso, représentant la ministre en charge de l’Artisanat, a exprimé sa reconnaissance aux autorités burkinabè pour cette distinction accordée à son pays. Elle a aussi salué l’accueil réservé à la délégation nigérienne, venue avec une importante représentation du secteur artisanal.
« Nous sommes venus prendre part à cette importante manifestation avec une délégation de 200 artisans et 54 stands », a-t-elle annoncé.

Cette mobilisation témoigne, selon elle, de l’intérêt du Niger pour cette vitrine de l’artisanat africain. Le pays entend y faire découvrir la diversité de son patrimoine, l’authenticité de ses créations et le savoir-faire de ses artisans, qu’elle considère comme des ambassadeurs de l’identité culturelle nationale.
« À travers leurs créations, nos artisans sont de véritables ambassadeurs de notre identité culturelle, de nos traditions et de notre savoir-faire ancestral », a-t-elle souligné.
La représentante nigérienne voit également dans le SIAO un cadre favorable à la création de partenariats, au partage d’expériences et à la conquête de nouveaux marchés. Elle a, par ailleurs, rendu hommage au président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, pour son engagement en faveur de la valorisation du patrimoine culturel et de l’artisanat.
Pour une économie de l’AES plus autonome
Du côté malien, l’intervention a mis l’accent sur la nécessité de mieux valoriser les productions du continent et d’encourager la consommation des produits artisanaux et locaux.
Prenant la parole au nom de son pays, l’ambassadeur du Mali au Burkina Faso, Issouf Oumar Maïga, a rappelé le rôle de la Confédération des États du Sahel dans le rapprochement des peuples et la construction d’une économie plus autonome. Selon lui, l’AES ne doit pas se limiter à une coopération sécuritaire, mais porter aussi un projet d’intégration économique et sociale entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
« Elle n’est pas seulement un pacte de défense stratégique. Elle constitue avant tout un projet d’intégration socio-économique, un socle de souveraineté et un espace d’interdépendance assumée », a-t-il déclaré.

Dans cette perspective, le diplomate malien estime que la promotion de l’artisanat constitue une illustration concrète de la volonté des trois pays de construire ensemble leur avenir économique. Il a salué l’introduction du concept de pays invité spécial au SIAO depuis la 17ᵉ édition, une initiative qui contribue, selon lui, au renforcement des échanges culturels et économiques.
Il a aussi évoqué la complémentarité entre les grandes plateformes artisanales de la région, notamment le Salon international de l’artisanat du Mali (SIAMA), organisé à Bamako, et le Salon international de l’artisanat pour la femme (SAFEM), tenu à Niamey. Ces rendez-vous peuvent, selon lui, favoriser la création de marchés et le rapprochement des acteurs du secteur.
Transformer les matières premières localement
L’ambassadeur du Mali a aussi insisté sur la transformation locale des matières premières et sur la nécessité d’intégrer davantage l’artisanat aux dynamiques d’industrialisation.
En lien avec le thème de cette 18ᵉ édition, « Artisanat africain et industrialisation : quelle synergie pour une meilleure organisation et valorisation des produits locaux et du patrimoine culturel ? », il a invité les acteurs à changer leur perception du secteur. Pour lui, l’artisanat ne doit plus être considéré uniquement comme une activité de fabrication et de commercialisation de produits traditionnels.
« En intégrant l’innovation technique et en structurant des chaînes de valeur locales, nous pouvons transformer nos matières premières sur place, créer de la valeur ajoutée et faire de nos productions artisanales de véritables richesses pour nos territoires », a-t-il insisté.
Cette approche repose sur une meilleure exploitation des ressources locales, la création de valeur ajoutée et le renforcement des capacités de production des pays de l’AES.
Des échanges culturels aux spécialités culinaires
La journée consacrée au Mali et au Niger a également été marquée par une remise symbolique de cadeaux entre les pays de l’espace AES et le Ghana, pays invité d’honneur de cette édition. Cette cérémonie a donné une dimension particulière aux liens d’amitié et de solidarité entre les délégations.

Les activités se sont poursuivies dans un cadre convivial, avec une dégustation de mets traditionnels maliens et nigériens. Les spécialités culinaires des deux pays invités spéciaux ont ainsi permis aux convives de découvrir une autre facette de leurs patrimoines culturels.
Au SIAO 2026, le Mali et le Niger défendent donc une vision de l’artisanat qui associe préservation des identités culturelles, création d’emplois et développement économique. Pour les deux pays, la valorisation des savoir-faire et la transformation des ressources locales constituent des pistes concrètes pour renforcer la coopération et la souveraineté économique au sein de l’AES.
Cécile SAWADOGO











Laisser une réponse