Le spectacle

Ouagadougou : les instruments coutumiers « parlent » au palais du Moogho Naaba et appellent à l’unité

La 7ᵉ Journée des instruments coutumiers parleurs s’est tenue ce samedi 4 juillet 2026 au palais du Moogho Naaba Baongo, à Ouagadougou. À cette occasion, l’association « Id Sîgré » (Nos Origines) a proposé un spectacle consacré à la parole des instruments traditionnels.

Les premiers coups de bendré résonnent dans la cour du palais du Moogho Naaba Baongo. À peine le rythme s’installe qu’une voix s’élève. Le Gounghin Bend-Naaba Guiguemdé, porte-voix de la cour royale, prend la parole avant de laisser les instruments poursuivre le message.

Djembé, balafon et tambour parleur semblent alors lui répondre. Séquence après séquence, les échanges donnent naissance au spectacle central de cette Journée des instruments coutumiers parleurs.

Le spectacle a été assuré par une équipe de la cour royale, accompagnée de percussionnistes venus de l’intérieur du pays.

Tout au long de la prestation, paroles et rythmes se répondent jusqu’à former un même langage. Les instruments parlent, le porte-voix leur répond. Au palais du Moogho Naaba, il ne s’agit pas seulement d’un spectacle, mais d’un dialogue vivant entre la tradition, la parole et la musique.

Un appel à l’unité et à la cohésion nationale

À travers cette alternance parfaitement maîtrisée, le spectacle invite les Burkinabè à cultiver l’entente, la solidarité et le vivre-ensemble.

Photo 2 : Le Gounghin Bend-Naaba Guiguemdé, promoteur de la Journée des instruments coutumiers parleurs.

« Le Burkina Faso n’appartient ni à une ethnie, ni aux coutumiers, encore moins aux religieux. Il appartient à tous les Burkinabè. C’est pourquoi nous devons nous entendre pour bâtir et préserver la patrie », a déclaré le Gounghin Bend-Naaba Guiguemdé, promoteur de cette Journée et président de l’association Id Sîgré (Nos Origines).

    Le Gounghin Bend-Naaba Guiguemdé, promoteur de la Journée des instruments coutumiers parleurs.

Le Moogho Naaba encourage la transmission du patrimoine culturel

Présent à cette célébration, le chef suprême des Mossés a salué une initiative qu’il juge essentielle pour la sauvegarde et la transmission du patrimoine culturel burkinabè.

Le souverain a encouragé les promoteurs à inscrire cette journée dans la durée afin qu’elle contribue à mieux faire connaître et à valoriser les instruments coutumiers parleurs auprès des jeunes générations. Il a également insisté sur l’importance d’accorder une place de choix à l’éducation des enfants.

« Tout commence par la culture et tout finit par la culture »

Pour le représentant du ministre chargé de la Culture, la culture demeure le socle de toute société et le point de départ de tout processus de développement.

« Tout commence et tout finit par la culture », a affirmé Nestor Kahoun, chargé de mission.

Nestor Kahoun, représentant du ministre en charge de la Culture, appelle à la sauvegarde des instruments coutumiers.

Face à l’influence grandissante des cultures venues d’ailleurs, il a plaidé pour la préservation et la promotion des valeurs culturelles nationales, afin de renforcer la cohésion sociale et de consolider l’identité burkinabè.

Wendinmi Ouedraogo