Les autorités en charge de l’enseignement supérieur ont présenté, ce 1er juillet 2026 à Ouagadougou, les innovations introduites par le nouveau décret portant régime des bourses d’études. Cette réforme apporte plusieurs évolutions, aussi bien dans le suivi des étudiants à l’étranger que dans les modalités d’attribution des bourses universitaires.

Avant de franchir les frontières pour poursuivre leurs études, les étudiants burkinabè devront désormais obtenir une autorisation préalable des autorités en charge de l’enseignement supérieur.
Une mesure qui ne remet pas en cause la possibilité d’étudier à l’étranger, mais qui vise plutôt à « protéger tout enfant burkinabè contre des velléités d’endoctrinement », a expliqué le secrétaire général du ministère en charge de l’Enseignement supérieur, Pr Samuel Paré.

« Cette mesure vise également à assurer un meilleur suivi de proximité et à garantir qu’aucun étudiant burkinabè en formation à l’étranger ne soit laissé à lui-même », a-t-il ajouté.
Une autorisation préalable, mais sans lourdeur administrative
Pour éviter que cette nouvelle formalité ne devienne une contrainte, les autorités annoncent une procédure simplifiée avec un délai de traitement réduit.
« Tout étudiant qui introduit une demande devrait, en principe, recevoir son autorisation dans un délai de 72 heures pour poursuivre ses études à l’extérieur. Nous tenons donc à rassurer les étudiants : il n’y aura pas de lourdeur administrative », a indiqué Pr Marie Laure Guissou, directrice générale du Conseil à l’orientation et des bourses universitaires.

La plateforme numérique consacrée à la réception et au traitement des demandes d’autorisation sera mise en service dans les prochains jours. Les modalités pratiques seront précisées ultérieurement dans un communiqué.
Le ministère prévient que les étudiants qui quitteraient le pays sans cette autorisation préalable s’exposent à une non-reconnaissance de leurs années d’études au niveau national.
De nouvelles catégories de bourses
La réforme du financement des études post-baccalauréat introduit de nouvelles catégories de bourses, dont la bourse patriotique.
« Cette innovation majeure permet à toute personne physique ou morale, burkinabè ou étrangère, de financer directement la formation ou la recherche dans une logique d’engagement citoyen », a précisé Pr Samuel Paré.

Le nouveau régime prévoit également une bourse spécifique d’indigence, destinée aux étudiants les plus vulnérables. Dans le même temps, certains critères disparaissent. C’est notamment le cas du revenu des parents, qui n’est désormais plus pris en compte dans l’attribution des bourses.
En contrepartie, les obligations des bénéficiaires sont renforcées. La durée de service due à l’État à l’issue de la formation passe de dix à quinze ans. Le décret rend également obligatoire l’activation effective de la bourse, sous peine d’en perdre le bénéfice.
Wendinmi Ouedraogo











Laisser une réponse