UEMOA : recettes fiscales en forte hausse, le Burkina Faso enregistre la progression la plus spectaculaire en 10 ans

Les recettes fiscales des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont connu une progression remarquable au cours de la dernière décennie. Entre 2015 et 2024, elles sont passées d’environ 8 540 milliards de FCFA à près de 19 490 milliards de FCFA, soit une augmentation globale estimée à 128 %, selon des données compilées par Sika Finance à partir des statistiques de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.

Cette évolution reflète les efforts engagés par les États membres pour renforcer la mobilisation des ressources internes, dans un contexte marqué par la nécessité de financer les politiques publiques, les infrastructures et les dépenses liées notamment à la sécurité.

Le Burkina Faso en tête de la progression

Parmi les pays de l’Union, Burkina Faso se distingue avec la plus forte progression des recettes fiscales sur la période, estimée à +177 %, selon les mêmes données relayées par Sika Finance sur la base des statistiques de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.
Cette performance s’explique notamment par plusieurs facteurs :
la modernisation de l’administration fiscale, la digitalisation progressive des procédures de déclaration et de paiement,
l’élargissement de l’assiette fiscale, et le renforcement des mécanismes de lutte contre la fraude.
Derrière le Burkina Faso, Bénin enregistre également une progression importante, avec +141 % d’augmentation de ses recettes fiscales sur la même période, toujours selon les données issues de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.

Des performances contrastées dans l’Union

Si la tendance globale est à la hausse dans l’ensemble de l’espace Union économique et monétaire ouest-africaine, les résultats restent toutefois très contrastés selon les pays.
Le Niger, par exemple, affiche une progression nettement plus modeste, estimée à +22 % sur la période étudiée, selon les données compilées par Sika Finance à partir des statistiques de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.
Ces écarts s’expliquent par plusieurs facteurs structurels, notamment :
le poids important de l’économie informelle dans certaines économies,
les capacités administratives variables des administrations fiscales,
et l’impact des crises sécuritaires et économiques dans plusieurs pays de la région.

Vers une souveraineté financière plus affirmée

Pour de nombreux analystes, la progression des recettes fiscales dans l’espace Union économique et monétaire ouest-africaine constitue un signal encourageant vers une plus grande autonomie financière des États.
Une mobilisation des ressources internes permet en effet de réduire la dépendance à l’aide extérieure et de financer davantage les priorités nationales telles que les infrastructures, les services sociaux ou encore la sécurité.
Toutefois, les institutions économiques rappellent que le potentiel fiscal reste encore largement sous-exploité dans plusieurs pays de la région, notamment en raison du poids important de l’économie informelle et des défis liés à la gouvernance fiscale.

Eugène KAM