Restaurants universitaires : le CENOU explique la baisse à 65 plats par étudiant

Le Centre national des œuvres universitaires (CENOU) a animé, le 25 février 2026 à Ouagadougou, une conférence de presse pour lever les incompréhensions autour de la réduction du nombre de plats servis dans les restaurants universitaires.


Face aux médias, son Directeur général, Noël Thiombiano, a défendu une décision qu’il qualifie de nécessaire dans un contexte de forte pression sur les œuvres sociales.

« Clarifier, avec transparence et responsabilité »

Dès l’entame, le Directeur général a tenu à dissiper les doutes : le communiqué du 11 février 2026 annonçant le passage de 70 à 65 plats par étudiant « est bien du CENOU ».
« Nous nous adressons à vous pour clarifier, avec transparence et responsabilité, les rumeurs et interrogations qui circulent autour de notre dernier communiqué sur la restauration universitaire », a-t-il déclaré.
La mesure, qui entre en vigueur le 1er mars 2026, intervient dans un contexte marqué par une hausse continue du nombre d’étudiants et une pression accrue sur les restaurants universitaires.
Un système arrivé à ses limites
Selon le CENOU, le modèle de gestion manuel et analogique ne répond plus à la demande actuelle. Les difficultés sont connues : insuffisance du nombre de plats dans certains restaurants, qualité jugée variable, temps d’attente pouvant atteindre 45 minutes à une heure.
Mais le principal défi reste l’écart entre l’offre et la demande.
Le Directeur général évoque deux facteurs structurels : l’augmentation du nombre de nouveaux bacheliers ces deux dernières années ; les effets de la crise sécuritaire, qui ont fragilisé de nombreuses familles et poussé davantage d’étudiants vers les restaurants universitaires comme principal recours alimentaire.
« Face à cette situation exceptionnelle, nous avons deux leviers : augmenter l’offre et/ou réguler la demande de manière équitable », a-t-il expliqué.

Noël Thiombiano, Directeur Général du CENOU

Un « rééquilibrage solidaire »

C’est dans cette logique qu’intervient la réduction du quota.

« Pour qu’aucun nouvel étudiant, aucun frère ou sœur arrivé récemment de zones en crise, ne se retrouve sans ticket, nous avons ajusté le plafond à 65 repas. Cette mesure permet d’intégrer immédiatement jusqu’à 3 800 nouveaux bénéficiaires tout en préservant la continuité du service. C’est le choix de ne laisser personne au bord du chemin », a soutenu Noël Thiombiano.

Concrètement, la nouvelle formule garantit deux repas par jour (déjeuner et dîner) soit environ 60 plats par mois. À cela s’ajoutent cinq plats supplémentaires utilisables en cas de besoin réel.

« En réduisant ce surplus individuel, nous ne faisons pas d’économies, nous faisons de la place à la table pour nos frères et sœurs les plus fragiles », a insisté le Directeur général.

Des budgets en hausse, mais une pression persistante

Le CENOU rappelle que l’État a augmenté progressivement les budgets alloués à la restauration universitaire ces dernières années. Malgré ces efforts financiers, certains restaurants enregistrent encore des dépassements importants. Pour l’institution, la réduction du quota ne constitue donc pas une mesure d’austérité, mais un mécanisme d’ajustement destiné à préserver la pérennité du service.

Le Directeur général invite les étudiants à comprendre « la lettre et l’esprit » du communiqué du 11 février 2026, exhortant la communauté universitaire à faire preuve de solidarité dans un contexte national marqué par de multiples défis.

Eugène KAM