À 10h, les allées du Village des communautés sonnent encore creux à Bobo-Dioulasso. Quelques bâches flottent sous la chaleur. Des marmites se posent lentement. Ici et là, des exposants s’installent. Le site peine encore à trouver son rythme, 24 heures après le lancement du Village des communautés et 48 heures après l’ouverture officielle de la Semaine nationale de la culture 2026.
Installé dans l’enceinte du Village artisanal, cet espace rassemble cette année 32 communautés burkinabè et 15 communautés africaines. Un cadre pensé pour exposer savoir-faire, identités et expressions culturelles.
Une matinée encore timide
En début de journée, l’ambiance reste calme. Les allées sont peu fréquentées. Certains stands sont encore fermés. D’autres prennent forme sous les mains des exposants.
Peu à peu, le décor s’installe. Les premiers feux s’allument. Les ustensiles sortent. Les tissus sont ajustés.
Il faut attendre la mi-journée pour voir le site changer de visage.
À partir de 12h, les visiteurs arrivent. Les médias arpentent les allées, micro en main, à la recherche de voix et d’histoires.
Assise derrière ses plats, Aminata Sidibé ajuste son foulard avant de présenter les spécialités de son stand :
« Nous sommes des Peuls du Mali. Ici, nous présentons notre tô appelé “farinonn”. Il est fait à base de petit mil, pilé à la main. C’est un tô consistant, qui donne de la force, surtout avec des sauces gluantes. »
Aminata Sidibé, exposante Peul
Autour d’elle, les préparatifs se poursuivent. Tout n’est pas encore en place.
« Les boissons comme le lait ou le gapal ne sont pas encore disponibles, mais d’ici peu, tout sera opérationnel », précise-t-elle.
À quelques mètres, le stand des Bôbô Mandarè attire déjà les curieux. Des plats fumants dégagent une odeur qui capte l’attention. Les chenilles, préparées en soupe, figurent parmi les mets proposés.
« Chez nous, les chenilles font partie des plats les plus appréciés. Nous les cuisinons en sauce. C’est ce qui attire beaucoup de visiteurs », confie Madame Sanou, louche à la main.
À cela s’ajoute le dolo, boisson traditionnelle, avec une touche d’innovation :
« Nous proposons aussi du dolo à base d’oseille. Il est préparé comme le dolo classique, mais avec une saveur différente », ajoute une autre exposante bôbô, en servant un client.
Entre Peuls et Bôbô, la parenté à plaisanterie se ressent. Une relation ancienne entre éleveurs et agriculteurs, encore visible dans les échanges.
Quand la culture prend vie
Au fil des heures, l’ambiance monte. Des groupes d’animation s’installent. Les sons des tambours résonnent.
Une troupe exécute une danse gourmantché.
« C’est une danse de fête chez nous », explique une danseuse, en pause.
Des danseurs gourmantché exécutent des pas traditionnels sur le site du Village des communautés.
Les visiteurs s’arrêtent, observent, filment. Le Village devient peu à peu un espace vivant.
Diversité culturelle en partage
De la communauté Dagara à celle des Djan, des Marka, des Dioula, en passant par les Lobi, et les Birifor, chaque stand raconte une histoire. Objets, symboles et récits se mêlent.
« Ici, chaque objet a une signification. Ce n’est pas seulement décoratif, c’est une histoire que nous transmettons », explique un exposant.
Au-delà des communautés burkinabè, les pays invités apportent une autre dimension. Côte d’Ivoire, Togo, Burundi… les stands offrent une diversité culinaire et artistique.
« Nous voulons montrer ce que nous avons chez nous. C’est aussi un moment de partage avec les autres peuples », confie un représentant ivoirien.
Un espace appelé à monter en régime
Malgré un démarrage progressif, le Village des communautés s’impose comme l’un des espaces majeurs de la SNC.
Durant toute la semaine, il devrait attirer un public plus large, à la recherche de découvertes culturelles, de saveurs et d’échanges.
Un lieu où les identités se rencontrent et se racontent, jusqu’à la clôture de la SNC, prévue le 02 mai prochain.
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