Avant même le lever de rideau sur la 20ᵉ édition du Festival International de Théâtre et de Marionnettes de Ouagadougou (FITMO), la réflexion était déjà au rendez-vous. Ce samedi 25 octobre 2025, une table ronde a réuni des acteurs culturels, responsables institutionnels et étudiants autour du thème :« Politiques culturelles nationales et politique confédérale des États membres de l’AES ».

Une rencontre pensée comme un espace d’analyse et de dialogue, à un moment où les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) cherchent à harmoniser leurs stratégies culturelles pour mieux affirmer leur identité commune.
Pour le Directeur administratif du FITMO, Claude GUINGANÉ, cette réflexion s’imposait :
« Il était intéressant de comprendre comment les politiques culturelles évoluent dans les autres pays pour voir s’il existe des possibilités de synergie. Nous partageons un même espace et faisons face aux mêmes difficultés. Il est donc essentiel de réfléchir ensemble à leurs solutions. »

Une politique culturelle en quête d’autonomie au Burkina Faso
La politique culturelle du Burkina Faso, présentée par le paneliste Rasmané OUÉDRAOGO, se veut structurée mais encore confrontée à des défis majeurs.
« La politique culturelle du Burkina Faso repose sur une stratégie 2019-2027. Cependant, le financement reste un défi. L’État tente de se réinventer à travers la promotion d’un financement endogène, c’est-à-dire penser d’abord à nos propres forces pour maintenir la création vivace », a-t-il expliqué.

Ce choix, selon lui, traduit la volonté de préserver l’indépendance culturelle du pays et de renforcer les moyens des acteurs locaux afin de créer et transmettre en toute autonomie.
Faire de la culture un moteur du développement durable au Niger
Pour sa part, Édouard Amadou LOMPO, représentant du Niger, a dressé un état des lieux du secteur culturel dans son pays, tout en pointant certaines limites.
Il a évoqué les acquis : une cinquantaine de maisons et centres culturels, un musée naturel et culturel, une agence de promotion des industries culturelles, mais aussi le manque de coordination entre acteurs depuis les années 1960.
« Un développement réussi et durable passerait par la prise en compte de la culture », a-t-il insisté.

Le FITMO, un espace d’unité et de dialogue pour le Sahel
En initiant ce cadre d’échanges, le FITMO confirme sa vocation : porter la parole des acteurs culturels et créer des ponts entre les peuples du Sahel.

Cette démarche annonce le ton d’une 20ᵉ édition placée sous le signe de la réflexion, de l’innovation et de la fraternité entre pays frères.
La cérémonie d’ouverture officielle se tient ce samedi 25 octobre à 18h, à la salle Sony Labou Tansi du CITO, avec au programme : spectacles, débats et rencontres artistiques.
Djamila Compaoré











Laisser une réponse